75e anniversaire de la bataille de l’Atlantique, 1939-1945
Navires de la marine, explosions dans l’océan et personnes à bord des navires.
Les marins du NCSM Saguenay examinent des grenades sous-marines utilisées pour détruire les sous-marins ennemis. Elles explosent sous l’eau. En arrière-plan, on aperçoit un convoi.
© BAC PA-116840

Dans les heures qui ont suivi la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne contre l’Allemagne, le 3 septembre 1939, un sous-marin nazi torpille le SS Athenia, un transporteur de passagers à destination de Montréal en provenance de Londres. Au nombre des 112 victimes figurent les premières victimes canadiennes de la Seconde Guerre mondiale. Ce torpillage est le premier épisode de la bataille de l’Atlantique, une lutte éprouvante de six ans pour la survie de la Grande-Bretagne, la libération de l’Europe et le ravitaillement de l’Union soviétique.

Le Canada et la colonie de Terre-Neuve jouent un rôle crucial et fournissent la protection, les équipages et le ravitaillement des convois alliés. L’expansion rapide de la marine de guerre, de la marine marchande et de la force aérienne du Canada renforce ce lien vital. Tout ce qui est indispensable à la conduite de la guerre en Europe doit être transporté par navire. En reconnaissance de l’importante contribution du Canada, le contre-amiral Leonard Murray devient commandant en chef de la zone canadienne du nord-ouest de l’Atlantique en 1943, seul Canadien à détenir un tel commandement pendant la guerre.

En butte à l’action ennemie sur mer et dans les airs, ainsi qu’à des conditions météorologiques extrêmes, les Canadiens et les Terre-Neuviens ne ménagent pas leurs efforts pour assurer la victoire des Alliés dans l’Atlantique. Cet exploit a coûté la vie à près de 1 990 membres de la Marine royale canadienne, 752 aviateurs canadiens et 1 629 marins marchands canadiens et terre-neuviens. Sans leur sacrifice, leur détermination et leur courage, la guerre aurait été perdue.

Le jour de la Victoire en Europe, le 8 mai 1945
Soldats et civils en train de sourire.
Des civils néerlandais, reconnaissants et nouvellement libérés, acclament les militaires canadiens, dont ces deux soldats du West Nova Scotia Regiment.
© BAC PA-134390

Le Canada est en guerre depuis près de six ans lorsque l’annonce de la reddition inconditionnelle de l’Allemagne nazie arrive. Plus d’un million de Canadiens, dont 50 000 femmes, ont combattu au sein de l’armée de terre, de la marine ou de l’aviation pendant le conflit. Sur le front intérieur, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont également contribué à l’effort de guerre.

Les émotions sont vives parmi le peuple de ce pays qui était en guerre depuis si longtemps. Dans les villes et villages partout au Canada, des foules délirantes déferlent dans les rues à l’annonce de la paix en Europe. Mais parallèlement aux offices religieux et aux défilés pour l’Action de grâce, des incidents malheureux se produisent, notamment à Halifax, où les festivités dégénèrent en violentes émeutes.

Alors que les militaires célèbrent outre-mer à Paris et Londres, les Hollandais les saluent comme des héros pour avoir libéré les Pays-Bas après près de cinq ans de famine et d’oppression nazie.

Tandis que les canons en Europe et sur l’Atlantique se sont tus, la guerre fait toujours rage à l’autre bout du monde, en Asie et dans le Pacifique. Bien du chemin demeure à parcourir pour une victoire totale, mais pour l’instant du moins, la population canadienne peut souffler un peu en soulignant joyeusement le début de la fin.

Le jour de la Victoire sur le Japon, le 15 août 1945
Deux jeunes femmes et un jeune homme souriant et levant un chapeau en l’air.
Au pays et à l’étranger, les troupes canadiennes, comme ces soldats au Piccadilly Circus de Londres, se réjouissent de la fin de la guerre.
© BAC PA-152103

Tout comme lorsque l’Allemagne a capitulé quelques mois auparavant, la population canadienne déferle de nouveau dans les rues, cette fois pour célébrer l’annonce de la reddition inconditionnelle de l’empereur japonais Hirohito en août 1945. La capitulation officielle du Japon impérial le 2 septembre marque la fin de la Seconde Guerre mondiale et le pays pousse alors un soupir de soulagement collectif.

Le Canada avait été en guerre contre le Japon depuis décembre 1941. Au pays, on avait renforcé les défenses côtières de l’Ouest, tandis que les trois services de combat du Canada, ainsi que la marine marchande, s’étaient engagés dans les combats dans le Pacifique, quoique dans un rôle secondaire. À la fin de la guerre, les militaires canadiens en Asie commencent à rentrer au pays, dont quelque 1 400 Canadiens qui ont survécu à l’internement dans des camps de prisonniers japonais depuis la désastreuse bataille de Hong Kong en 1941.

Pour les Canadiens d’origine japonaise qui ont subi le contrecoup des politiques gouvernementales racistes, la fin des hostilités n’apporte aucun répit immédiat. Près de 4 000 d’entre eux seront expulsés vers le Japon ravagé par la guerre, tandis que des milliers d’autres doivent s’atteler à reconstruire leur vie détruite après leur internement et la confiscation de leurs biens.

De nombreuses personnes, civils tout comme les anciens combattants de retour au Canada, affichent un nouvel optimisme, mais pour bien d’autres, le chemin vers le rétablissement et la guérison s’annonce ardu.